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Cricket with Sanjay

Ça fait plusieurs mois que tu te demandes qui est Sanjay Patel. Tu doutes même parfois de son existence tellement il est fort. Mais il est vraiment réel (c’est lui qui signe), et vraiment super fort.

Il a tout compris au cricket

« Pendant longtemps, le cricket a été un sport facile à railler, vu que deux équipes pouvaient s’affronter pendant  5 jours, et se séparer sur un match nul.

C’est toujours vrai, en partie, et il faut être tombé dedans dès la naissance, et avoir du commonwealth dans le sang pour comprendre les règles, et pour apprécier un match, en entier, sans jamais douter de l’absurdité de ce sport, pourtant si absurde.

Mais ça peut être fun.

Un riche homme d’affaires indien bien connecté, Lalit Modi, a réussi à lancer en 2008 la IPL (Indian Premiere League), le championnat national de cricket, en s’inspirant des plus gros championnats européens de football et de la NBA américaine.

Pour cela il a fallu ressortir une variante « 20/20 » du cricket, soit une version courte d’environ 3h30/4h, idéale pour un format TV parfaitement adapté aux pauses publicitaires à répétition. Les mauvaises langues diront que comme de toute façon il ne se passe pas grand-chose, autant mettre des pubs, qui souvent mettent en scène les acteurs propriétaires des clubs, les joueurs stars ou les produits des industriels qui financent les franchises.

L’IPL a commencé avec 8 équipes, financées pour 700 millions de dollars par des gros bonnets (Ambani, Mallya, SRK, etc.) et en accueillera deux de plus la saison prochaine. Tous les ingrédients sont là : stars, joueurs étrangers, transferts, sponsors, merchandising, et même des cheerleaders (pas super fraiches).

Tout repose sur le fric, et il ne serait vraiment pas surprenant qu’on entende parler un jour de matchs truqués, mais chut, faut pas le dire. Le premier scandale de corruption (indirecte) est arrivé cette semaine dans le cadre de l’attribution des nouvelles licences, et a entraîné la démission du Secrétaire d’état aux affaires étrangères.

Aucun joueur pakistanais (pourtant champions du 20/20 en 2009) ne participe a la IPL, mais on y trouve toutes les nationalités des grandes nations du cricket, et certaines stars sont payées en millions.

C’est encore un exemple de la rapidité avec laquelle l’Inde développe des habitudes ou des pratiques similaires à l’Europe en seulement quelques années. Pour le meilleur et pour le pire.

Il a fallu se taper combien de Rudi Voller, combien de Avila-Tarragone, combien de Sochaux-Lens avant que le football européen ne devienne ce qu’il est aujourd’hui (pour ce que j’en sais..)? En trois saisons, l’IPL est déjà un monstre, évalué a plus de 4 milliards de dollars.

La plus grosse différence avec le foot business de chez nous, c’est que personne ne se tape dessus en sortant du stade, une bien belle tradition qui n’est pas encore arrivée jusqu’ici où on se tape dessus pourtant avec un certain savoir-faire, mais pas encore aux abords des stades de l’IPL. L’ambiance est très joviale et bon enfant, le public est relativement mixte, et on se gave tous de pizza, de pepsi, de pop corn sous un soleil de plomb. No alcohol, mais je m’en fous je suis Guju.

Quant aux règles du jeu…Elles ne sont finalement pas si compliquées, même si elles nous renvoient à la simplicité toute british, d’un peuple qui a utilisé jusqu’à il n’y a pas si longtemps un système monétaire où une Livre Sterling était divisée en 20 shillings, eux même divisés en 12 pence et ou la Guinée, valait une livre et 1 shilling, soit 252 pence, vous suivez ?.

Le match se compose d’innings (un peu comme des mi-temps), eux-mêmes divisés en overs, chaque over étant lui-même composé de 6 balls (lancers).

En gros, deux strikers de la même équipe se font face au milieu du terrain aux deux extrémités d’un rectangle de 20 mètres sur 3 appelé « pitch ». (En vrai, il doit faire 20.11 x 3.05 mètres, mais on ne va pas chipoter). Le bowler de l’equipe adverse lance la balle en visant le wicket (des petits poteaux en bois), que le striker doit protéger en renvoyant la balle avec sa batte. Les deux strikers doivent faire des aller-retour sur la longueur du pitch (un aller/retour vaut un run) tant que la balle n’est pas revenue dans les mains du keeper.

S’ils sont surpris en dehors des limites au moment où la balle revient, si la balle est rattrapée au vol par un receveur sans avoir touché le sol, ou si le wicket est touché directment par le bowler, le striker est out.

Si la balle part dans les tribunes, c’est 6 runs d’office et c’est le délire. ça arrive une fois tous les quart d’heure environ, de même qu’un striker se fait sortir a peu près au même rythme, ça fait entre 4 et 8 moments un peu spectaculaires par heure, le reste du temps, il ne se passe pas grand-chose, il y en a qui lancent, d’autres qui frappent la balle et qui courent un peu, ou pas.

Bref, on crie, on bouffe, on s’engueule parce que le voisin de devant ne veut pas rester assis, on hurle « Sachin !» et « Olé !» en ne rêvant que d’une chose, que cette balle nous arrive dessus et qu’on ait le temps de lacher notre pizza pour pouvoir la rattraper au vol, en direct, en priant qu’il n’y ait pas justement une pub pour thumbs up a la tele a ce moment là ».

By Sanjay Patel

PomPom dans ton BoumBoum

La semaine dernière Sanjay Patel a été cuire un peu dans la tribune Est du Brabourne Stadium où il a retrouvé 20 000 fans hystériques prêts à tous les sacrifices pour voir des mecs courir et attraper une balle lancée par un autre ,  super fort, avec une batte. Le cricket est un jeu fascinant.

Nous sommes en pleine folie IPL et les Mumbai Indians vont sans doute aller en finale. Trop bien. Je laisserai, plus tard, Sanjay t’expliquer les règles du cricket et l’aventure palpitante de l’IPL (Indian Premier Ligue).

En attendant revenons à nos moutons et à nos chaussures qui brillent.

Ce que Sanjay ne savait pas,  mardi, c’est qu’en face de lui (dans la tribune ouest, à l’ombre, pas cons) se trouvaient Mukesh Ambani (4ème fortune Mondiale, à la tête de Reliance Industries et propriétaire des Mumbai Indians) et Shobhaa Dé (ex mannequin, écrivain, éditorialiste et über socialite).

Shobhaa  et Sanjay ont donc vu simultanément et d’un même œil consterné les pom pom girls cheapos,  d’origine pas franchement déterminée, secouer du boumboum sur des tubes hindi ringards,  et tous deux ont pensé que l’uniforme mini short, brassière, bottillon doré était à gerber.  Je te l’ai déjà dit, Sanjay est un homme de gout malgré sa contagion gujarati. Pas sûre de pouvoir en dire autant de Mukesh. Shobhaa quant à elle, c’est un peu notre Nadine, la prêtresse du style.

Et elle a eu une super idée, Shobhaa. Pourquoi ne pas draper les blondasses dans un sari typiquement marathi sur un choli sexy ? Comme le sari kashta se porte comme un dhoti (il passe entre les jambes), leurs mouvements ne seront pas entravés. Ensuite les faire danser sur un ‘lavni‘ local, qui selon shobhaa est bien plus hot que le all american style pratiqué pendant le match.

Mukesh apparemment a adoré l’idée – il était peut être hypnotisé par le mouvement du ‘mumbai Indians’ sur le mini short de la pompom de gauche – et a l’intention de la mettre en place (« implement » qu’il a dit) lors du prochain match de l’équipe bleue et or.

Moi j’ai hâte de voir Irina, Loubiana et Tania lever le bottillon doré (Shobhaa n’a rien contre, elle aussi aime les chaussures qui brillent) boudinées dans 7 mètres de tissus.

MUMBAIIIIIII INDIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANS !

MUMBAIIIIIII INDIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANS !

Irina et ses copines à la IPL