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Mélange

Quel est le rapport entre James Bond, Dirty Harry, des photos de Gandhi prises par Henri Cartier Bresson, des casques de guerriers japonais du 17ème siècle, des tigres, des gorilles géants, des étudiants, un vieil homme en blanc, une jeune fille en sari avec tous ses bijoux aux poignets et sa belle famille sur les talons, une grande blonde, des touristes japonais et une jet setteuse bombayite sac Vuitton au bras et lunettes Dior sur la tête ? 

Tout ce petit monde s’est retrouvé sur ou devant les murs de la Jehangir Gallery pendant les 7 jours qu’a durée l’expo Jashn – Osianama organisée par Osian’s. Hier était le dernier jour. T’es hyper vert(e), tu savais pas et du coup t’as pas pu y aller. J’y peux rien, moi, si les expos à la Jehangir durent le temps d’un pet de vache et que les conditions climatiques et circulatoires de la ville que nous aimons tant m’empêchent de me déplacer à la vitesse de l’éclair pour relater à temps toutes les choses fantastiques que je vois.

Mais pas de panique, tu pourras y aller l’année prochaine.

Jashn – Osianama est, ou plutôt était, la première édition d’un festival d’arts visuels qui aura lieu tous les ans à Bombay et à Delhi. C’est aussi la première tentative privée (de toutes façons il n’y en a pas de publiques, ils sont trop occupés à creuser des trous) pour approcher le meilleur de l’art, du cinéma et de la culture Indienne, Asiatique et Internationale au grand public indien. Ambitieux, n’est ce pas ?

Ambitieux et réussi. Alors que je faisais semblant d’observer d’un œil attentif et expert les œuvres exposées, je jetais des regards furtifs et latéraux pour apercevoir une foule « inhabituée » des vernissages hype ou des expos élitistes. Indiens, ou pas, riches, pauvres, grands, petits, jeunes, vieux, on s’est tous marré devant le casque japonais en forme de homard géant, on a été horrifiés par des photos de la famine au Bengale de 1943, on s’est senti menacés par les bouddhas furieux, séduits par les yeux plissés de Clint Eastwood, intéressés par les dernières photos de Gandhiji (1948) et carrément écroulés devant l’affiche du chef d’œuvre du cinéma de science fiction américain : First Men in the Moon (1964).

Le thème de l’expo était ‘500 ans de violence et de non violence’. Maintenant tu vois le rapport et tu applaudis l’initiative.

Osian’s est une institution culturelle privée créée en 2000, dont l’objectif est de combler l’absence totale de vitrines d’exposition de la richesse et de l’immensité de l’art Indien. Osian’s regroupe une maison de ventes aux enchères, et deux fonds d’investissement exclusivement dédiés aux arts visuels (peinture, sculpture, photo et cinéma). L’institution est aussi propriétaire d’une des plus grandes collections d’art asiatique qu’elle mettra à disposition du public très bientôt en inaugurant le premier musée / centre documentaire consacré à l’art indien et asiatique et au cinéma international.

Neville Tulli, créateur et directeur d’Osian’s espère faire de ce festival et du musée à venir, des plate-formes incontourbles pour que les spectateurs de tous les horizons « ouvrent leur esprit et leur cœur aux arts visuels indiens, asiatiques, arabes et universels ».

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Pour voir le « casque Homar » qui fait super peur et une grande sélection de pieces de l’expo : clique ici

Incursion Artistique en V.O.

Incursion Artistique en V.O.

La Jehangir gallery est la plus ancienne de Bombay. Elle est ronde, majestueuse et grouillante. Elle fait aussi office de musée gratos pour les touristes. les plus grands artistes indiens ont exposé leurs toiles sur ses murs ou bu des chai « readymade » au café samovar. Je vais des que je peux dans ce haut lieu de la vie artistique bombayote, et pas seulement pour boire des coups au samovar.

La semaine dernière j’y ai découvert les photos de Sanjay Yamgar. Évidemment, à l’heure où j’écris cet article elles n’y sont plus (les expos changent tous les 15 jours) mais comme tout jeune artiste qui se respecte il est très présent sur internet et après avoir lu les quelques lignes qui suivent rédigées en V.O. j’espère que vous aurez envie de suivre son actualité et de cliquer sur les liens.

Garbography - Sanjay YamgarSanjay Yamgar : Garbography, faces from the unknown world, Jehangir Gallery, nov 2008.

“Whereon he thought of himself in balance and he knew he was”. The moody blues, a question of balance.

Listening to Sanjay Yamgar you get a glimpse at what everything is all about: a quest for balance. Our world is extreme, extremely wealthy- extremely poor, extremely dry- extremely flooded, extremely big, extremely small. We, as humans, constantly navigate between poles in search of balance, Sanjay as an artist challenges the extremes to create his personal balance. He tries all the media, all the formats in a way that he can never be tagged.

His earlier works are incredibly dense, bright, chaotic, he describes them as hippy, colourful paintings. You can stare at them for hours and still discover a tiny figure emerged from our common imagery, blinking its eye at you.  Now he is about to show a new series of minimalist, almost monochromatic paintings. Going from one extreme to the other to avoid saturation and to re-balance. But even there, Sanjay, couldn’t put his creative mind at ease and had to challenge his technique by painting mini 2 x3 cm and maxi formats 4 x 5 ft.

While he was working he got struck by the nauseating smell coming through his window in a busy, modern, shopping area. Following the smell he found himself in a huge garbage dump talking to these migrated, poor people who work at keeping our city clean and recycling excusive waste into cheap toys. Extremes again.

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