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His Name is James

Sonam Kapoor est donc la femme la mieux habillée d’Inde (tu suis ? c’était mon dernier article).

Quel ne fut pas  mon ravissement quand j’appris, l’autre jour, en buvant le thé avec et chez mon couturier préféré (ma vie est toujours aussi fascinante), que Sonam était passée le matin même et avait commandé une quinzaine de modèles?

J’adore les robes de James, mais si Sonam valide, alors là c’est carrément l’orgasme.

James Ferreira règne sur son atelier/boutique/ show room/maison au fond d’une impasse trop étroite pour les voitures dans un des villages oubliés de Bombay. Khotachiwadi est un havre de paix en plein capharnaüm bombayotte et James, dans sa maison d’un autre temps défend bec et ongle son héritage East Indian*. Entre deux conférences et trois coups de gueule sur la protection du patrimoine, il coupe inlassablement des kilomètres de tissus, et ce depuis plusieurs dizaines d’années.

James est, à l’image de sa maison, une tradition.  20 ans de folies et d’excès, une grande pause de réflexion et  le revoilà, discrètement. Ses robes autrefois exubérantes et provocantes qui foutaient des grands coups de pieds au cul aux traditions indiennes, sont maintenant murmure de drapés, souffle de satin et légèreté du coton. Les silhouettes de James sont reconnaissables au premier coup d’œil, fraiches, contemporaines, intemporelles.

« Face à tous les changements sociaux qui surviennent en ce moment, la femme contemporaine indienne apprend à apprécier la simplicité et le confort de mes vêtements. Le temps est au changement et aux nouvelles attitudes dans notre pays, et je suis ravi d’être là, au premier rang »

Les créations de James naissent en quelques instants, il coupe, drape sur les mannequins qui occupent son salon et ne s’encombre d’aucun croquis. Le résultat est toujours simple, féminin et sensuel. Ses modèles vont à toutes les femmes, quelque soit leur age et leurs courbes.

James les connaît, les femmes. Toutes. Qu’elles soient  la ‘socialite‘ la plus courtisée de la ville ou une foreigner anonyme curieuse. Il passe du temps avec elles, justement dans son salon sous les boules de mille couleurs qui pendent du plafond. Aller chez James c’est l’assurance de passer un moment délicieux à discuter avec un homme intelligent et à froufroutter dans des robes à peine terminées.

James le dit « je passe beaucoup de temps avec mes clientes, à dessiner les vêtements qui s’accordent avec leur style de vie. Ma cliente est moderne, sûrz d’elle, indépendante, spontanée et féminine ». Tout nous, non ?

Atelier – Boutique James Ferreira « D STUDIO »

47-G Khotachiwadi, Girgaum, Mumbai 400 004

t. 022 2387 5723 – jamesferreira@gmail.com

James ou son assistante reçoivent sur rendez vous. Une robe simple en satin coute environ 8 000 rs.

Ses création se trouvent aussi chez Bungalow Eight à Colaba, chez Ensemble à Khala Goda, Lions Gate ou à Kemps Corner.

* La communauté East Indian se veut être la première à avoir habité Bombay. Il s’agit d’une communauté chrétienne largement répandue à Bombay, notamment à Bandra, et dans l’état de Daman. Leur nom vient de la « East Indian Company » anglaise.

Smart Casual

Il y a quelques semaines (mois ?) le sujet du Bombay Blog traitait de l’élégance indienne. Évidemment à force d’avoir plein de trucs à dire, tu le sais, l’élégance et le glitter, c’est mon rayon, je n’ai rien écrit. Comme j’y pense un peu encore, et que mon cerveau se délite à la vitesse d’une glace miko dans l’aéroport de Chennai, il est temps d’immortaliser mes pensées.

En vrac dans ma tête il y a l’élégance dans la peau de LA femme indienne, drapée dans un sari, bijoutée et coiffée comme pour aller se marier, la tête haute et les hanches fières. Souvent elle porte des pierres le long de la route. Je ne reviendrai pas ici sur la condition de la femme en Inde, c’est un autre débat, on sait tous que c’est la zone et Chouyo le dit beaucoup mieux que moi.

Les mains. J’aime les mains. Elles sont souples, ondulantes, déterminées et toujours gracieuses. Les quatre mains de deux indiennes en pleine conversation dansent un ballet hypnotisant et manucuré que je peux regarder sans jamais me lasser.

Et la mode. Forcément,  j’y pense quand je parle d’élégance.

Le jour, l’indienne friquée aime le bling et n’est pas toujours à la pointe du bon gout, mais en même temps,  chacun ses gouts de chiottes. Elle aime se mouler dans un jean taille 34 fillette, un polo de sa petite nièce rose bombon avec un énorme cheval devant ou derrière (tsss tsss pas de marque), des tongues qui brillent, des lunettes de soleil sur-griffées sur la tête de préférence pour pouvoir tenir en arrière une chevelure satinée et brushinguée à mort. And the Bag ?  The One and Only Kelly of course. Blanc, rose, brun, jaune, couleurs d’été uniquement. T’es pardonnée si t’as juste un Birkin but nothing else please.

Ces observations sont issues d’une recherche empirique sur un échantillon représentatif de ‘ladies who lunch’ dans des restos branchés et des pages ‘socialite’ des magazines de mode chic (ELLE, Vogue, GQ) qu’un gars me vend au carrefour et que je lis dans la voiture, quand justement je me tape 1h et demie de caisse pour aller dans un resto branché. Ma vie est fascinante.

Version nuit, deux écoles : tradi et western. Une seule pensée me vient à l’esprit : « chacun chez soi, et les hippopotames seront bien gardés ».

Tu peux feuilleter les pages des magazines people (mais je l’ai déjà fait pour toi évidemment) et dégueuler des paillettes et des robes de pute. Mais aussi t’extasier devant une princesse en sari, des Nehru jackets qui renvoient le regard charbon de celui qui la porte, des salwar kameez ultra sexys. L’inde est probablement le seul pays au Monde a avoir conservé sa tradition vestimentaire millénaire. Tu nous vois en bigoudènes ?

La star indienne est donc face à un choix cornélien et a beaucoup de mal à se décider. Elle sait qu’elle est sublime dans un sari des mille et une nuits et pourtant elle veut à tout prix se saucissonner dans une mini robe en satin flashy.

Comme partout, y’en a qu’ont rien compris, dans l’ordre Yash et Avanti Birla, Karenna Kapoor et Saif Ali Khan, Salman Khan et Riya Sen,

les autres (y’en a d’autres, mais les Bachchan ont quand même la classe Internationale),

Et Sonam Kapoor, la plus belle, dixit of course Sanjay Patel, qui comme tu le sais, n’a pas un gout de chiottes,  et les experts fashion du pays (10 best dressed Indians).