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Ne dansons pas sous la pluie (chap.2)*

J’ai vu un film Bollywood la semaine dernière. Un gros carton critique et commercial.

Pas de danse, pas de pluie, rien.  Un baiser torride, avec la langue, qui fait frétiller les moustaches. Une fille qui se tape un mec, son neveu, bute son mari et ne meurt pas à la fin.

Bollywood change.

Une partie de moi se réjouit de voir enfin des films Indiens à la durée occidentale, aux acteurs justes, à musique kusturicienne, et aux dialogues tarantinesques.

Ishqiya a tout bon. On se marre, on a peur, un peu, y’a du feu et des explosions quand même, y’a de l’amour, du sexe, un méchant avec des dents de travers, une vieille avec une torche et surtout trois acteurs d’enfer. Naseeruddin Shah (le mariage des moussons, entre autres) est l’incarnation du nouveau cool indien. En plus de porter la Kurta /basket comme personne, il incarne tous ses personnages avec une justesse pas fréquente dans nos contrées sauvages. Arshad Warsi et Vidya Balan nous emportent dans leur passion et sont encore tout émus (je l’ai lu dans Filmfare, c’est  dire si c’est fiable) par cette pèle qui marquera sans doute le cinéma indien à tout jamais.

Le réalisateur, Abhishek Chaubey signe là son premier film tout seul, mais après s’être fait les dents sur Omkara (Scénariste et assistant réal), qui laissait déjà entrevoir un changement bollywoodiesque. Même si le film dure 3h et qu’on y voit  encore la Kareena Kapoor en train de balader sa moue boudeuse (c’est à peu près tout ce qu’elle sait faire), Saif ali Khan fait super peur en méchant, Bipasha Basu enflamme la foule avec son beedi et Naseeruddin Shah trône en Duc de Venise. Tu as bien lu, Omkara raconte l’histoire d’Othello.

Ishqiya veut dire Amour en Hindi et j’aime.

Maintenant, une autre partie de moi, tu t’en doutes, reste perplexe devant tous ces changements. Si Bollywood commence à cracher des films comme les nôtres qui fera des films comme les leurs ?

Moi j’aime bien apprendre la choré du film, savoir comment ça va finir des les trois premières minutes, ça me rassure, glousser devant les mimiques exagérées d’un Shah Rukh qui renifle parce que 1. il est alcoolique, 2. il est amoureux, 3. il a le cœur brisé, 4. il est ému par trop de bonheur, 5. on sait pas,  fredonner les chansons qui passent en boucle à la radio et évidemment lire toutes les rumeurs sur le héros, qui vivrait une passion aussi dévorante qu’éphémère avec l’héroïne (dans Filmfare, toujours, source inépuisable de savoir).

Heureusement, quand Bollywood ne fera plus que des films intellectuels et chiants on aura toujours Kollywood et la fraîcheur du cinéma Tamoul.

Ishqiya est un film Indien en Hindi réalisé par le débutant Abhishek Chaubey et produit par Raman Maroo et Vishal Bharadwaj. Il est sorti en Inde le 29 Janvier 2010. Les acteurs principaux sont Arshad Warsi, Vidya Balan, Salman Shahid  et  Naseeruddin Shah.

Ishqiya est disponible en DVD chez Shemaroo, sous-titré en anglais.

* Dansons sous la pluie (Chap. 1)

Paroles et Musique

Ne reculant jamais devant l’obstacle, j’ai décidé d’écouter, pour vous, fidèles lecteurs, surtout lectrices d’ailleurs,  amis chéris et famille aimée, des heures et des heures de radio en hindi dans le texte (94.3 Radio One),  pour dénicher quelques perles auditives qui vous feront enfin apprécier et peut être même aimer la Hindi POP.    

Si vous habitez Bombay, écouter, doit être à peu près la seule chose que vous êtes encore capable de faire. Les 72 degrés et 250 % d’humidité vous ont ramolli le cerveau et troublé la vue.

Si vous habitez quelque part en Europe, qu’il fait, aujourd’hui 15 mai, encore 10 degrés (que c’est pas près de s’arranger selon Joel Collado), que vous venez de vous taper l’hiver le plus long de l’histoire du monde et que vous vous demandez une fois de plus pourquoi, ô pourquoi, elle la ramène encore avec son soleil et sa chaleur de m%§ !?,  la rage vous fait fondre les neurones et vous trouble la vue, vous n’êtes plus capable que d’une chose: écouter.  

Chacun sa m%§ !? et de la mélodie pour tous.  

Parce que mes chers, fini les voix nasillardes et haut perchées qui hurlaient dans les bus bringuebalants de nos premiers voyages en Inde et qui nous laissaient face à un choix cornélien :  balancer nos birkenstok avachies sur les haut parleurs, quitte à risquer un lynchage collectif ou mettre fin à nos souffrances en nous les enfonçant (les birkenstock toujours) dans la gorge. Le résultat était de toutes façons atroce.

La hindi pop, à 99.9% issue de Bollywood,  gagne des oscars maintenant. Les voix sont suaves et les mélodies chaloupées.  On entend des reprises jazzy en hindi sexy, des duos endiablés et des ballades sucrées, le tout enrobé d’orchestrations soignées.

Cliquez, écoutez, épongez la sueur et chassez la rage pour regarder (trop sympa, je vous ai trouvé les clips aussi) et appréciez.

 

10 DT Grit 081208

Publicité Amul du mois de février 2009 – AR Rhaman – Compositeur deux fois oscarisé en 2009 – Meilleure chanson originale pour Jai Ho et meilleure bande originale pour Slumdog Millionnaire. Egalement compositeur de ma chanson preferée Masakali et accessoirement, notre plus proche voisin (oui je sais, je peux pas m’en empecher…)