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PomPom dans ton BoumBoum

La semaine dernière Sanjay Patel a été cuire un peu dans la tribune Est du Brabourne Stadium où il a retrouvé 20 000 fans hystériques prêts à tous les sacrifices pour voir des mecs courir et attraper une balle lancée par un autre ,  super fort, avec une batte. Le cricket est un jeu fascinant.

Nous sommes en pleine folie IPL et les Mumbai Indians vont sans doute aller en finale. Trop bien. Je laisserai, plus tard, Sanjay t’expliquer les règles du cricket et l’aventure palpitante de l’IPL (Indian Premier Ligue).

En attendant revenons à nos moutons et à nos chaussures qui brillent.

Ce que Sanjay ne savait pas,  mardi, c’est qu’en face de lui (dans la tribune ouest, à l’ombre, pas cons) se trouvaient Mukesh Ambani (4ème fortune Mondiale, à la tête de Reliance Industries et propriétaire des Mumbai Indians) et Shobhaa Dé (ex mannequin, écrivain, éditorialiste et über socialite).

Shobhaa  et Sanjay ont donc vu simultanément et d’un même œil consterné les pom pom girls cheapos,  d’origine pas franchement déterminée, secouer du boumboum sur des tubes hindi ringards,  et tous deux ont pensé que l’uniforme mini short, brassière, bottillon doré était à gerber.  Je te l’ai déjà dit, Sanjay est un homme de gout malgré sa contagion gujarati. Pas sûre de pouvoir en dire autant de Mukesh. Shobhaa quant à elle, c’est un peu notre Nadine, la prêtresse du style.

Et elle a eu une super idée, Shobhaa. Pourquoi ne pas draper les blondasses dans un sari typiquement marathi sur un choli sexy ? Comme le sari kashta se porte comme un dhoti (il passe entre les jambes), leurs mouvements ne seront pas entravés. Ensuite les faire danser sur un ‘lavni‘ local, qui selon shobhaa est bien plus hot que le all american style pratiqué pendant le match.

Mukesh apparemment a adoré l’idée – il était peut être hypnotisé par le mouvement du ‘mumbai Indians’ sur le mini short de la pompom de gauche – et a l’intention de la mettre en place (« implement » qu’il a dit) lors du prochain match de l’équipe bleue et or.

Moi j’ai hâte de voir Irina, Loubiana et Tania lever le bottillon doré (Shobhaa n’a rien contre, elle aussi aime les chaussures qui brillent) boudinées dans 7 mètres de tissus.

MUMBAIIIIIII INDIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANS !

MUMBAIIIIIII INDIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANS !

Irina et ses copines à la IPL

Smart Casual

Il y a quelques semaines (mois ?) le sujet du Bombay Blog traitait de l’élégance indienne. Évidemment à force d’avoir plein de trucs à dire, tu le sais, l’élégance et le glitter, c’est mon rayon, je n’ai rien écrit. Comme j’y pense un peu encore, et que mon cerveau se délite à la vitesse d’une glace miko dans l’aéroport de Chennai, il est temps d’immortaliser mes pensées.

En vrac dans ma tête il y a l’élégance dans la peau de LA femme indienne, drapée dans un sari, bijoutée et coiffée comme pour aller se marier, la tête haute et les hanches fières. Souvent elle porte des pierres le long de la route. Je ne reviendrai pas ici sur la condition de la femme en Inde, c’est un autre débat, on sait tous que c’est la zone et Chouyo le dit beaucoup mieux que moi.

Les mains. J’aime les mains. Elles sont souples, ondulantes, déterminées et toujours gracieuses. Les quatre mains de deux indiennes en pleine conversation dansent un ballet hypnotisant et manucuré que je peux regarder sans jamais me lasser.

Et la mode. Forcément,  j’y pense quand je parle d’élégance.

Le jour, l’indienne friquée aime le bling et n’est pas toujours à la pointe du bon gout, mais en même temps,  chacun ses gouts de chiottes. Elle aime se mouler dans un jean taille 34 fillette, un polo de sa petite nièce rose bombon avec un énorme cheval devant ou derrière (tsss tsss pas de marque), des tongues qui brillent, des lunettes de soleil sur-griffées sur la tête de préférence pour pouvoir tenir en arrière une chevelure satinée et brushinguée à mort. And the Bag ?  The One and Only Kelly of course. Blanc, rose, brun, jaune, couleurs d’été uniquement. T’es pardonnée si t’as juste un Birkin but nothing else please.

Ces observations sont issues d’une recherche empirique sur un échantillon représentatif de ‘ladies who lunch’ dans des restos branchés et des pages ‘socialite’ des magazines de mode chic (ELLE, Vogue, GQ) qu’un gars me vend au carrefour et que je lis dans la voiture, quand justement je me tape 1h et demie de caisse pour aller dans un resto branché. Ma vie est fascinante.

Version nuit, deux écoles : tradi et western. Une seule pensée me vient à l’esprit : « chacun chez soi, et les hippopotames seront bien gardés ».

Tu peux feuilleter les pages des magazines people (mais je l’ai déjà fait pour toi évidemment) et dégueuler des paillettes et des robes de pute. Mais aussi t’extasier devant une princesse en sari, des Nehru jackets qui renvoient le regard charbon de celui qui la porte, des salwar kameez ultra sexys. L’inde est probablement le seul pays au Monde a avoir conservé sa tradition vestimentaire millénaire. Tu nous vois en bigoudènes ?

La star indienne est donc face à un choix cornélien et a beaucoup de mal à se décider. Elle sait qu’elle est sublime dans un sari des mille et une nuits et pourtant elle veut à tout prix se saucissonner dans une mini robe en satin flashy.

Comme partout, y’en a qu’ont rien compris, dans l’ordre Yash et Avanti Birla, Karenna Kapoor et Saif Ali Khan, Salman Khan et Riya Sen,

les autres (y’en a d’autres, mais les Bachchan ont quand même la classe Internationale),

Et Sonam Kapoor, la plus belle, dixit of course Sanjay Patel, qui comme tu le sais, n’a pas un gout de chiottes,  et les experts fashion du pays (10 best dressed Indians).



Ne dansons pas sous la pluie (chap.2)*

J’ai vu un film Bollywood la semaine dernière. Un gros carton critique et commercial.

Pas de danse, pas de pluie, rien.  Un baiser torride, avec la langue, qui fait frétiller les moustaches. Une fille qui se tape un mec, son neveu, bute son mari et ne meurt pas à la fin.

Bollywood change.

Une partie de moi se réjouit de voir enfin des films Indiens à la durée occidentale, aux acteurs justes, à musique kusturicienne, et aux dialogues tarantinesques.

Ishqiya a tout bon. On se marre, on a peur, un peu, y’a du feu et des explosions quand même, y’a de l’amour, du sexe, un méchant avec des dents de travers, une vieille avec une torche et surtout trois acteurs d’enfer. Naseeruddin Shah (le mariage des moussons, entre autres) est l’incarnation du nouveau cool indien. En plus de porter la Kurta /basket comme personne, il incarne tous ses personnages avec une justesse pas fréquente dans nos contrées sauvages. Arshad Warsi et Vidya Balan nous emportent dans leur passion et sont encore tout émus (je l’ai lu dans Filmfare, c’est  dire si c’est fiable) par cette pèle qui marquera sans doute le cinéma indien à tout jamais.

Le réalisateur, Abhishek Chaubey signe là son premier film tout seul, mais après s’être fait les dents sur Omkara (Scénariste et assistant réal), qui laissait déjà entrevoir un changement bollywoodiesque. Même si le film dure 3h et qu’on y voit  encore la Kareena Kapoor en train de balader sa moue boudeuse (c’est à peu près tout ce qu’elle sait faire), Saif ali Khan fait super peur en méchant, Bipasha Basu enflamme la foule avec son beedi et Naseeruddin Shah trône en Duc de Venise. Tu as bien lu, Omkara raconte l’histoire d’Othello.

Ishqiya veut dire Amour en Hindi et j’aime.

Maintenant, une autre partie de moi, tu t’en doutes, reste perplexe devant tous ces changements. Si Bollywood commence à cracher des films comme les nôtres qui fera des films comme les leurs ?

Moi j’aime bien apprendre la choré du film, savoir comment ça va finir des les trois premières minutes, ça me rassure, glousser devant les mimiques exagérées d’un Shah Rukh qui renifle parce que 1. il est alcoolique, 2. il est amoureux, 3. il a le cœur brisé, 4. il est ému par trop de bonheur, 5. on sait pas,  fredonner les chansons qui passent en boucle à la radio et évidemment lire toutes les rumeurs sur le héros, qui vivrait une passion aussi dévorante qu’éphémère avec l’héroïne (dans Filmfare, toujours, source inépuisable de savoir).

Heureusement, quand Bollywood ne fera plus que des films intellectuels et chiants on aura toujours Kollywood et la fraîcheur du cinéma Tamoul.

Ishqiya est un film Indien en Hindi réalisé par le débutant Abhishek Chaubey et produit par Raman Maroo et Vishal Bharadwaj. Il est sorti en Inde le 29 Janvier 2010. Les acteurs principaux sont Arshad Warsi, Vidya Balan, Salman Shahid  et  Naseeruddin Shah.

Ishqiya est disponible en DVD chez Shemaroo, sous-titré en anglais.

* Dansons sous la pluie (Chap. 1)

Dress Code

Avant hier ma copine Blogi (qui avait mis un sari pour le mariage d’une copine, en crêpe bleu le sari) me racontait (nous racontait puisque c’est sur son blog, mais c’est ma copine et pas la tienne) son désarroi quand la partie du sari qui couvre la poitrine et retombe dans le dos (la pallu), de son sari bleu donc, avait glissé et laissé exposé son torse uniquement couvert du Choli (blouse à manches qui arrive à peu près au dessus du nombril).

Ouais et donc ? je t’entends soupirer.

Ouais et ben quand t’as pas le pallu bien mis c’est comme si t’étais à poils.

Liz avec le pallu bien mis

et Ranjitha sans le pallu.

He just wants to have fun

Mardi soir j’ai entendu un bruit que je pensais disparu; celui que fait la molette d’un appareil photo, celle qui fait avancer la pellicule; cric, cric, cric. C’était au vernissage de PAT, photographe. Et c’était PAT, himself, qui prenait des clichés des gens devant les siens.

Pat est un ovni.

Malgré sa jeunesse (pat est né en 1980 et oui, 30 ans c’est jeune), Pat est old school. Il prend des photos lentement, précisément, méticuleusement. Il imagine, cherche le modèle parfait, met en scène et clique, sur ses appareils argentiques. Ensuite il rêve du résultat en laissant la pellicule reposer au fond d’un tiroir. Bien plus tard il développe, grâce à un mélange chimique savant. Il prend son temps.

Pat est indien mais il faut que je te le dise pour que tu le saches. Rien dans son travail ne trahit ses origines, contrairement à ses contemporains qui dénoncent et témoignent. Il absorbe tout et n’oublie rien. Les rencontres, les discussions enflammées, les lectures, les objets qu’il collectionne et qu’il revend parfois, la musique, la plage et la douceur de vivre ‘goanaise’ le construisent.

Pat se marre. Il provoque avec des nichons ou des collants sur la tête, apaise avec des natures mortes, transporte avec des paysages et nous laisse seuls sans indice pour interpréter.

C’est notre humeur qui détermine ce qu’on voit, au delà de ce que le photographe immortalise.

Tu vois des voies de chemin de fer, glauques, mélancoliques. Mais est ce que n’est pas juste la gare derrière la maison de Pat ? Entends tu siffler le train? ou le souffle du fantôme qui hante cet endroit abandonné? Vois tu des nus esthétiques ou des photos d’un tournage de film X?  Qui se cache sous le collant? un artiste torturé par la représentation humaine et en quête de sa propre identité ou un homme facétieux qui aime se déguiser et faire le con.

Il n’y a aucune logique, peut être juste un point commun: l’isolement. Quelque soit l’objet, il est délibérément isolé.  Comme si Pat se cherchait, cherchait son identité, sa place dans l’Inde d’aujourd’hui, en tant qu’homme, en tant qu’artiste.

Mais toi, ne cherche pas, il ne le veut pas. Son seul désir, il me l’a dit, c’est que tu voyages et surtout que tu t’éclates autant que lui.

Ses photos, prises entre 1998 et 2008, sont exposées à la galerie de Matthieu Foss jusqu’au 11 avril.

Pat – Banana Blue Wall 2006

Pat – Landscape 2006

Pat – Tracks 2008

Pat – Untitled 2001

Pat – Untitled 2007

Pat est un photographe autodidacte né à Bombay. Il partage son temps entre Bombay et Goa. Il a réalisé plusieurs séries de mode. Son travail a été exposé en 2007 dans l’exposition de groupe « What Wears Me » dirigée par Matthieu Foss.

Pat – Unseen, Unheard, Unexplained est sa première exposition individuelle.

Matthieu Foss Gallery – www.matthieufossgallery.com

Hansraj Damodar Trust Building ,Ground Floor, Goa street , Ballard Estate – t. 9820566649 – foss.matthieu@gmail.com

La galerie est ouverte du lundi au samedi de 10h à 19h.

Critique de l’expo sur CNN Go : http://www.cnngo.com/mumbai/shop/pat-447200

Viens je t’emmène

La semaine dernière, Sanjay Patel a quitté le Gujurat de son coeur pour s’aventurer dans les contrées sauvages de l’inde du nord: Uttar Pradesh, Uttarkhand et Delhi.

Quelques heures à 100 km/h sur la Grand Trunk Road qui relie Lahore à Calcutta ont suffit pour le convaincre que le  Gujarat c’est la Suisse et Bombay un village.

L’Or du Temps

Bombay a tout d’un village; les coqs qui chantent, les chauves souris qui volent, les étoiles qui brillent et les vieux qui regardent passer le temps.

Mon vieux à moi, il le prend, son temps, à la Yazdani Bakery. Il sirote un chai, émiette son ‘fresh apple pie’ et jette des regards  sur la ville qui s’agite.

Il est le gardien d’un trésor. Derrière lui, des lingots d’or reposent sur des étagères enfarinés.

Yazdani lève un pain de mie qui fait pleurer. Vas y, tu verras et tu te demanderas si finalement, le vrai trésor, ce n’est pas le temps.

Yazdani Bakery – Fountain Akbar Ally – Saint Thomas Cathedral – Fort – t. 22 87 07 39

En venant de Hornby Rd (qui va de CST à Flora Fountain), deuxième à droite sur PM Road, un peu plus loin dans la ruelle sur la gauche.